Vive la neige !

Enfin un jour d’hiver qui ressemble à un jour d’hiver !

Comme chantait Joe Dassin : Dans Paris à vélo, on dépasse les autos… Et plus encore aujourd’hui car fidèles à leur habitude, à la moindre précipitation les automobilistes ne savent plus (se) conduire et nous offrent le spectacle navrant de leur impuissance dans un chaos tout au ralenti, sans même pouvoir apprécier le plaisir enfantin que procurent ces blancs flocons.

Pendant ce temps, les gamins sortis d’école crient de joie en s’envoyant des boules de neige tandis que je file sans souci faire quelques achats dans le quartier, l’humeur joviale.
Pack de lait, d’eau et le reste des courses à l’abri dans la cabine… le Bullitt est parfait.

En passant le boucher me demande en rigolant si j’ai le chauffage, je lui répond « bien entendu, musculaire ! »

Apis mellifera

Aujourd’hui c’est la récolte du miel des ruches sur notre toit

Deux amis apiculteurs amateurs s’occupent de deux ruches qui étaient sur le toit de la gare Saint-Lazare et allaient être détruites cet automne lors de travaux. Nous leur avons alors proposé de les installer sur la terrasse inutilisée de notre toit. En mauvaise forme à leur arrivée, il a fallu leur donner du sucre pour tenir l’hiver, et elles ont passé le printemps à se refaire une santé et augmenter leur population.

Ce matin ces amis sont venus effectuer une première récolte, et devaient rapporter les cadres de rayons de miel chez un autre ami apiculteur à Montrouge pour l’extraction. La récolte est petite, peut-être 6~8 kg de miel.

Pas très pratique, le métro, pour emporter la caisse de cadres. J’ai donc proposé de la transporter en Bullitt, ce qui m’a pris une demie heure, largement moins que les transports en commun.

Un vélo, un carnet, un stylo

Après des années d’abstinence, je me remets timidement au croquis, publiant une série au lien ténu avec le vélo : lors de mes déambulations en Bullitt, je m’arrête et m’installe sur le siège passager le temps d’une esquisse.

Le registre est plutôt paysager, urbain, architectural, mais pas que : du moment que ça retient mon regard…

J’utilise un carnet 14 x 21 cm de papier vergé ivoire et un stylo-plume Waterman en ébonite des années 20, dont la plume en or très flexible permet l’écriture en pleins et déliés habituelle à l’époque, et une belle modulation du trait en dessin. Je varie également de couleur d’encre.

C’est un exercice pour l’œil et la main, une remise en selle, les débuts sont laborieux mais j’espère retrouver de l’aisance et le plus important : le plaisir !

Voilà, c’est sur tumblr que ça se passe

Fierté !

Après l’école et le parc, une fois rentrés à la maison, tout d’un coup Raph demande à ce qu’on remette les pédales de son vélo…

Ce petit vélo 14 pouces Decathlon orange qu’il trouvait trop lourd, je lui avais ôté pédalier, chaine et carter pour qu’il l’utilise comme une draisienne et s’habitue au poids de l’engin alors qu’il maitrise l’équilibre sur sa Puky depuis l’âge de deux ans et demi.

Je ne me suis bien sûr pas fait prier et ai aussitôt sorti les outils et les pièces. Quelques minutes plus tard, le petit gars enfourche la bécane et c’est parti !

Quelques minutes plus tard, nous enchainons un tour dans le quartier

Plus rien ne va pouvoir l’arrêter !

Mon tout premier vélo cargo

J’ai retrouvé une photo avec mon tout premier vélo-cargo !

Il s’agit d’un triporteur, et bien évidemment il était rouge ! La datation au carbone 14 indique un millésime ’73, ce qui ne nous rajeunit pas… Mais on y devine bien le signe avant-coureur d’une vocation qui aura mis 38 ans à se concrétiser… Dans la vie, il faut savoir prendre son temps et laisser mûrir les idées.

Et un sommier, un !

Après le matelas, en toute logique il me fallait un petit sommier d’occase pas cher.
La tête du vendeur quand je lui ai dit que j’étais en vélo ! Mais une fois qu’il a vu le sommier sanglé sur le plateau, il a tenu à en prendre une photo.

La vue depuis le poste de pilotage reste assez impressionnante…

Ikeavélo

Ou comment ajouter a spoonful of sugar à une corvée pour la transformer en moment de plaisir…

Ikea, si on achète du gros mobilier, il faut généralement louer une camionnette ou se faire livrer, le reste du temps, y aller en voiture malgré les aléas de la circulation est généralement… une perte de temps. Dans les meilleures conditions on met vingt cinq minutes pour faire Gambetta > Ikea Villiers-sur-Marne, mais cette durée peut facilement doubler ou tripler en cas d’embouteillage…

À vélo on sait combien de temps on va mettre (quinze kilomètres en environ quarante cinq minutes), il n’y a pas de mauvaise surprise, ça devient une simple balade de deux heures qui met en joie et en forme, surtout en ce mois de mai enfin ensoleillé !

Tout n’est pas parfait : je n’ai pas vu de stationnement dédié au vélo — au moins on peut s’attacher juste devant la porte à n’importe quel point fixe plutôt qu’à l’autre bout du parking —, et la barrière automatique de la sortie  est équipée d’un détecteur dans le sol, qui ne détecte évidemment pas les vélos ! Heureusement le Bullitt passe tout juste dessous.

Faire bonne impression

Quoi de mieux pour rapporter l’imprimante photo qu’un copain vient de s’offrir ?!

Le revendeur épaté a immortalisé l’ensemble sous tous les angles

Biniou

Ce matin en direction de l’aquarium du palais de la porte Dorée avec Raph’ et un copain, j’entends un biniou sur le terre-plein central.

Aussitôt je m’y arrête pour écouter quelques minutes le Breton à l’œuvre avec son biniou.

Encore un avantage de se déplacer en vélo (ou à pieds), car qui en voiture ou transport en commun se serait arrêté pour aller écouter un peu de musique ?

La bagnole selon André Gorz et Sempé

L’idéologie sociale de la bagnole : une analyse intéressante sur « la bagnole » par le philosophe André Gorz, datant de 1974, et hormis quelques traits un peu datés, cette réflexion semble étonnamment actuelle, ce qui montrerait que l’on a finalement peu évolué en quarante ans !

Selon le vieil adage, un dessin vaut mieux qu’un long discours, il est amusant de découvrir que, douze ans auparavant, Sempé a réalisé une série de dessins décrivant précisément le même phénomène !


Gorz en a-t-il été inspiré ? Mystère… Le ton n’est toutefois pas le même : tandis que l’artiste fait passer son idée avec la tendre légèreté qui caractérise son œuvre, le philosophe est plus militant et développe plus largement son argumentation.

Malgré les discours publicitaires des constructeurs affirmant que la voiture rend libre — difficile de ne pas les associer au tristement célèbre Arbeit macht frei —, les faits sont têtus et l’automobile s’avère définitivement un boulet qui transforme son propriétaire populaire en vache à lait captive, depuis le coût de son permis à l’ensemble des dépenses induites par la possession et l’usage du véhicule, surtout rapportées à ce si faible usage en ville (il stationne 95% du temps !).

Sempé illustre également que seul le riche bourgeois sait et/ou peut bénéficier du moyen de transport individuel le plus efficace, le prolo ayant toujours un train de retard, et depuis la « démocratisation » de l’auto, il s’agit à nouveau du vélo !

Sauf qu’il ne tient qu’à soi-même de sortir du cercle vicieux de la bagnole et se rendre compte combien le vélo est de loin le meilleur moyen de transport urbain.

Une petite anecdote personnelle illustrant, loin des idées reçues, la lenteur effective de l’automobile en milieu urbain :

J’ai récemment emmené la voiture de ma compagne à réviser chez son ami garagiste aux Pavillons-sous-Bois, à environ 13 km de notre quartier Gambetta.
En prenant l’autoroute A3 qui n’était pas encombrée, j’ai mis 30 minutes à l’aller.

Pour le retour, j’ai sorti mon vélo pliant de la voiture et suis reparti dessus.
Sachant qu’il n’a que deux vitesses : une pour démarrer ou grimper les côtes, et une vitesse de croisière qui plafonne sur le plat à environ 30 km/h (la limite est ma vitesse de pédalage, au-delà je m’essouffle), c’est clairement un vélo conçu pour les petits trajets urbains pépères, et considérant que je ne connaissais pas le chemin, me guidant à l’aide de mon smartphone…

Et bien je n’ai mis que 5 minutes de plus qu’en voiture !